« L’amour de Dieu est cette perfection de la nature divine par laquelle il est éternellement poussé à se communiquer lui-même. »
— Henry C. Thiessen, Esquisse théologique
Imaginez cet amour débordant de Dieu.
C’est lui qui a tout mis en mouvement pour créer notre monde, transformant le chaos en un écrin magnifique. Pourquoi ? Pour y accueillir le trésor le plus précieux de sa création : l’homme et la femme.
En nous créant à son image, Dieu a choisi de partager quelque chose de lui-même avec nous. Nous portons la marque de son intention, de son souffle et de son désir de relation.
Mais son projet ne s’arrêtait pas à Adam et Ève.
Dans son dessein éternel, ils devaient se multiplier, remplir la terre et devenir les précurseurs de toutes ces familles des nations que nous retrouvons dans les Écritures — ces peuples rassemblés un jour devant son trône pour l’adorer.
Dieu parle aussi aux nations
Le livre du Deutéronome nous révèle que Dieu lui-même a donné un héritage aux nations et qu’il a fixé leurs frontières (Deutéronome 32:8).
Dieu ne se contente pas de parler aux individus.
Il parle aussi aux peuples.
Il voit les nations dans leur diversité : leurs langues, leurs cultures, leur histoire, leur identité propre.
Son désir est qu’elles le cherchent, qu’elles trouvent leur joie en lui, qu’elles l’aiment et qu’elles le glorifient.
Dans toute la Bible, Dieu s’adresse régulièrement aux nations comme à des réalités collectives vivantes.
Il les bénit.
Il les avertit.
Il les corrige.
Il les élève ou les humilie.
Cela nous conduit à une idée forte : les nations possèdent une identité morale et spirituelle devant Dieu.
On pourrait parler d’une « âme » ou d’un « esprit » collectif — non pas au sens où une nation serait une personne individuelle, mais comme une réalité collective capable de porter une vocation, de faire des choix et de répondre à l’appel de Dieu.
Une vocation propre à chaque nation
Tout comme Dieu s’est communiqué aux individus, il a aussi, dans sa sagesse et sa souveraineté, communiqué quelque chose de lui-même aux nations.
Chaque nation porte une vocation.
Chaque peuple possède une nature fondamentale, un appel particulier, un reflet unique des dons de Dieu.
Cette essence n’est pas simplement une caractéristique culturelle superficielle.
Elle touche quelque chose de profond dans la manière dont Dieu a conçu chaque peuple dès son origine.
De la même manière que Dieu tisse chaque personne avec intention dans le sein maternel, toute son œuvre créatrice est porteuse de sens.
Pourquoi les nations seraient-elles exclues de cette intention créatrice ?
Chaque pays reçoit un don particulier.
Ce don participe à son identité profonde.
Il influence sa culture, son histoire, ses forces, ses fragilités et sa contribution au monde.
On pourrait parler d’un ADN spirituel propre à chaque nation.
Faire des disciples de toutes les nations
Lorsque Jésus donne sa mission à ses disciples, il ne dit pas seulement d’annoncer l’Évangile aux individus.
Il dit :
« Faites de toutes les nations des disciples. »
Le mot grec utilisé — ethne — désigne des peuples, des groupes humains, des nations.
La portée de cette parole est immense.
La mission ne consiste pas seulement à voir des personnes transformées individuellement.
Elle consiste aussi à voir des nations entières apprendre à marcher dans les voies du Christ.
Le message de l’Évangile peut atteindre le cœur profond d’un peuple.
Il peut influencer son identité collective.
Il peut contribuer à restaurer une nation dans le dessein pour lequel Dieu l’a appelée.
Si une nation peut être discipulée, c’est qu’elle possède aussi une capacité collective à recevoir, comprendre et répondre au message du Royaume.
Il ne s’agit pas simplement de la somme des décisions individuelles.
Il s’agit d’une transformation qui touche également l’âme collective d’un peuple.
Notre destinée est liée à celle des nations
Entrer dans notre destinée fait partie de l’héritage que le Père nous donne.
Cet héritage est personnel.
Mais il est aussi collectif.
Nos destinées ne sont pas entièrement séparées de celles des nations auxquelles nous appartenons.
Nos choix de fils et de filles du Très-Haut participent au témoignage rendu au milieu de notre peuple.
Peut-être sommes-nous appelés à voir plus grand que nos trajectoires individuelles.
À prier pour les nations.
À servir les nations.
À discerner ce que Dieu veut restaurer dans les nations.
Que des fils et des filles se lèvent pour les nations.
— Nathalie Bilnyang
Depuis l’Ouganda
Références
- Henry C. Thiessen, Esquisse théologique.
- Pieter Bos, L’Appel des nations.

